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Récit : Le marathon de New York
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5 Décembre 2018 - Mériam Amara
Récit : Le marathon de New York
Les finishers !! Mériem entourée de ses guides : Lhoussain et Annick

"C'était tellement bien ce marathon de New York, j'aimerais avoir une machine à remonter le temps pour tout recommencer à partir du hall de l'aéroport de Roissy. Bon à défaut j'ai regroupé tous mes petits souvenirs histoire de ne pas les perdre. Alors voici ma version des faits... Assez ressemblante à celle d'Annick mais pour les francophones cette fois. Attention, il faut aimer la lecture...

Nous y sommes, Après déjà 3 jours de bonheur passés à New York, le réveil sonne à 04h30 ce 4 novembre 2018. La nuit a été très courte et j'ai l'impression que ma mère et ma soeur qui partagent ma chambre ont encore moins dormi que moi ! Ma mère bondit pour me faire chauffer du thé et Nadia est excitée comme une puce. Je regroupe rapidement mes affaires et Lhoussain toque à la porte pour m'emmener. Il s'est vêtu d'un magnifique sac poubelle pour l'occasion. Sur ce, maman et Nadia nous sautent dessus pour nous embrasser et nous souhaiter bonne course et nous descendons rejoindre Annick dans le hall de l'hôtel. On pousse des cris d'excitation en se retrouvant et Lhoussain me fait remarquer qu'Annick. ne ressemble vraiment à rien ! Effectivement, je me dois de préciser que tout le monde nous ayant prévenu qu'il faisait très froid en attendant le départ du marathon de NYC, Annick et moi avons emmené des frippes à laisser sur place pour l'attente. Et il faut avouer qu'Annick a poussé l'exercice très loin. Elle porte une énorme veste en cuir où on pourrait s'y mettre à plusieurs, un pantalon 3 fois trop grand qu'elle maintient avec des élastiques sur les côtés, un bonnet à paillettes, une écharpe je ne sais plus de quelle couleur... Et moi à côté de ça j'ai l'air plutôt correcte, Annick me dit que je ressemble presque à Audrey Hepburn avec mon buff jaune caca d'oie porté à moitié sur la tête.

Me voici donc, Audrey Hepburn mal fagotée avec ma poubelle ambulante au bras gauche et ma hippie daltonienne au bras droit sautillant vers les bus Achilles qui vont nous emmener au départ du grand événement. Nous y retrouvons des binômes et des solos du monde entier. 
Face à nous dans le bus, une Norvégienne qui cumule un handicap visuel et auditif, ses guides lui touchent les mains pour communiquer avec elle. C'est assez impressionnant mais quand on voit ce que ce petit groupe de Norvégiens prend pour leur petit-déj, on se dit que des gens qui peuvent manger du maquereau en tube à 5h du mat doivent être capables de tout endurer dans la vie !

Après 1h30 de bus nous arrivons à Staten Island sur le site du départ. J'imaginais que nous serions ratatinés les uns sur les autres mais tout est hyper fluide, l'organisation est juste incroyable. Là où nous sommes Il y a de grands stands avec du café, des fruits, des baggels, des barres de céréales, plein de toilettes (hyper important vu les circonstances), ils font ça bien les américains... J'adore cette ambiance cosmopolite, on entend des langues du monde entier autour de nous, on échange quelques mots au hasard des gens qu'on croise. Il fait très beau, on abandonne nos fringues haute couture assez rapidement.

Ces derniers jours, plein de gens nous ont mis en garde sur la difficulté du marathon, les ponts sont longs et très pentus, les 5 derniers miles sont terribles car plutôt montants. Je relis donc sur mon téléphone tous les mots de soutien et d'encouragement que j'ai reçu pour me donner du courage et il est temps d'abandonner nos sacs et d'avancer dans les sas.
Nous sommes tous trois très excités et nous sautillons sur place en chantant qu'on va faire le marathon de New York ! On nous interpelle en nous disant "I love your enthousiasm". Bah oui c'est peu de le dire qu'on est enthousiastes.

Les hauts-parleurs nous accueillent en nous hurlant "Ladies and gentlement, welcome to the start line of the 2018 New York City marathon !". Ca me donne des frissons et je remercie la vie d'être là. S'en suivent l'hymne national américain et les hélicoptères de la police qui nous survolent.
Je suis à fleur de peau, les larmes aux yeux et le coup de canon qui donne le départ me fait faire un bond de 3 mètres, ce qui fait bien marrer mes compères.

On marche pas mal avant d'atteindre vraiment la ligne de départ et c'est parti pour un démarrage en côte sur le pont Verrazano, 1,4 km de montée à 4% mais on s'en rend à peine compte avec l'excitation. 
Annick et Lhoussain ont choisi d'alterner le guidage tous les 10 km et je commence avec Annick à mes côtés. Le froid est quand même piquant sur ce pont. Lhoussain nous court autour comme un enfant en criant "Wouah wouah wouah on a Manhattan en face, Wouah les pompiers sur l'Hudson, c'est génial !". Je vous rassure il prend soin de m'indiquer les trous aussi au passage. Là on est qu'entre nous et on entend plus que les pas des coureurs sur le sol.

Très rapidement après le pont et les petites bosses qui s'en suivent, une femme nous accueille en criant dans un haut-parleur "Welcome to Brooklyn !". A partir de là et assez crescendo, nous retrouvons de plus en plus de supporters de part et d'autre de la route, on s'encourage aussi beaucoup entre coureurs. Nous remontons Brooklyn pendant longtemps, environ 18 km je crois. Lhoussain et Annick me racontent l'ambiance des quartiers, les langues des enseignes,... Il y a un ravito en boisson à chaque mile, ça cadence la course. Après 7 ou 8 km nous croisons une jeune femme avec une écharpe sur le buste, il s'agit de miss New York qui fait aussi le marathon, on s'encourage mutuellement et nous perdons quelque peu Lhoussain qui a regroupé toutes ses connaissances linguistiques pour franchir les barrières de la langue avec notre miss. Nous la dépassons elle et son cortège et continuons notre avancée.

Pour les New-Yorkais, le marathon est vraiment une fête immense, on a l'impression que toute la ville est dehors, certains ont sorti leur chaises de pique-nique, les églises ouvrent leurs portes, il y a des groupes de musique très régulièrement. Parfois les cris des gens qui nous encouragent sur les côtés sont si forts que j'entends à peine ce que me disent Annick et Lhoussain et quand les gens reconnaissent le nom d'Achilles sur nos t-shirts (l'association avec laquelle nous courons), ils y vont encore plus fort !
Ca nous a aussi pas mal amusé de croiser un pushing ball à l'éffigie de Trump !